Without the Wolves

electroacoustique de montagne - 2011 (réédition 2017)

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Pistes:

Je lui dis : tu voudrais être un loup ? Réponse hautaine - c'est idiot, on ne peut pas être un loup, on est toujours huit ou dix loups, six ou sept loups. Non pas six ou sept loups à la fois, à soi tout seul, mais un loup parmi d'autres, avec cinq ou six autres loups.
— Gilles Deleuze & Félix Guattari, Mille Plateaux

Pendant deux ans, en 2006 et 2007, j'ai fait de régulières excursions dans les Alpes françaises pour rapporter des enregistrements sonores de montagne. De cette recherche ont principalement été composées deux longues pièces, l'une à partir de la fonte du Glacier de Bonnepierre et l'autre à partir d'une tempête à l'Alpe de Villard-d'Arène. Deux ans après la création de Without the Wolves au Festival Futura, le disque a été publié par le label anglais Entr'acte.

En 2017, Without the Wolves a été réédité par Crochet Talon, un nouveau master sur CD accompagnait la revue et la publication d’un texte : L’altitude du silence.

Par l’entremise de ses micros, l’artiste français Pali Meursault nous fiche les oreilles à l’intérieur du Glacier de Bonne Pierre dans le Massif des Écrins. On se laisse d’abord caresser par les tintements colorés de chacune des multiples gouttes d’eau qui perlent de toute part. Ce picotement de notes pures, quasi électrique, esquisse une mélodie minimaliste. C’est le début du réchauffement, la réinitialisation du système. Une à une, les gouttelettes ne tarderont pas à former des fleuves. Pendant que les flux se forment, le glacier craque, crisse, il s’étire en spirales grinçantes et gémissantes. Le grand corps se réveille. La nature est un organisme qui grouille de sons pour peu que l’on y prête attention.
— Étienne Noiseau, Télérama

Pali Meursault écoute l'alpe et réinterprète son chant avec une rare acuité. Glacier dans les Écrins, randonnée à Saint-Pierre-de-Chartreuse ou encore fœhn à Villard-d'Arène sont autant de paysages captés par le micro de l'artiste. Aucune dimension strictement documentaire ici, mais plutôt le “regard” d'un musicien qui travaille sur l'image sonore d'un lieu ou d'un évènement, dans une démarche proche de celle de la musique concrète ou du compositeur canadien Murray Schafer. Proprement inouï.
— Pascal Kober, L'Alpe